• Le Canal du Midi - Historique

    LE CANAL DU MIDI


    Le canal du Midi relie la Garonne à la mer Méditerranée. Autrefois, utilisé pour le transport de marchandises et de personnes, le canal du Midi est aujourd'hui essentiellement fréquenté par les plaisanciers et les touristes. Construit au XVIIe siècle, de 1666 à 1681, sous le règne de Louis XIV et sous la supervision de Pierre-Paul Riquet, le canal du Midi est le plus ancien canal d'Europe encore en fonctionnement.Il fournit une voie naviguable de l'Atlantique à la Méditerrané eà cheval sur les départements de l'Hérault, de l'Aude et de la Haute-Garonne . Il est prolongé par le canal du Rhône à Sète. Auparavant il s'appelait Canal Royal en Languedoc, il fut rebaptisé Canal du midi après la Révolution Française. Il est considéré comme le plus grand chantier du XVIIe siècle.

    Il court sur 241 kilomètres. Toulouse étant considéré comme le point 0 le cheminement est le suivant : Depuis Toulouse, en passant par le seuil de Naurouze, Castelnaudary, Carcassonne et Trèbes. Le canal se poursuit à Béziers juste après le passage des écluses de Fonserannes, puis continue à Agde pour terminer sa course à Sète dans l'étang de Thau.

    Il est classé depuis 1996 au patrimoine mondial de l'Unesco.


    Histoire

    C'est le commerce du blé qui motiva sa construction. La mise en œuvre de cet ouvrage est étroitement liée à la question de la navigation fluviale aux temps modernes. Le défi était d'acheminer l'eau de la Montagne Noire jusqu'au seuil de Naurouze La construction d'un tel ouvrage permet d'éviter aux bateaux et aux marchandises de prendre la mer et de contourner la péninsule Ibérique, en effet à cette époque, le transport maritime comporte de nombreux dangers comme le brigandage et les pirates en mer.

    Après plusieurs projets avortés, Louis XIV reçoit en 1662 le projet de P.P. Riquet, le Roi y voit l'opportunité de priver l'Espagne d'une partie de ses ressources, et l'occasion de marquer son règne d'une œuvre impérissable.

    Grâce à des rigoles en traversant le seuil de Graissens. L'eau du Sor passant près de Revel est la principale alimentation envisagée par Pierre-Paul Riquet. Mais d'autres rivières de la Montagne Noire font aussi partie de son système d'alimentation. En effet, la Montagne Noire est une région deux fois plus arrosée que la plaine du Lauragais avec 1 400 millimètres par an. Pour stocker l'eau des rivières, il projette la création de trois bassins : le réservoir du Lampy-Vieux, un bassin portuaire hexagonal à Naurouze et la retenue de Saint-Ferréol.

    En 1664, durant l'expertise du projet, les États du Languedoc demandent à Riquet de mettre en pratique son idée de façon expérimentale. Il fait alors construire une rigole d'essai déviant l'eau du Sor jusqu'au seuil de Naurouze. C'est la Rigole de la plaine qu'il termine en 1665 et qui sert à prouver qu'il est possible d'amener de l'eau jusqu'au point le plus élevé du parcours du canal. C'est l'évènement qui rassure la commission d'experts que le roi avait constitué sur place pour inspecter les choix et les plans dressées par Riquet. À partir de ce moment, Louis XIV sait que la construction du canal est techniquement possible.

    Riquet étudie de façon approfondie l'alimentation du canal au niveau du seuil de Naurouze. Cependant, son projet reste imprécis sur de nombreux points notamment le tracé du canal. Ce tracé n'est pas définitif et n'est pas précis, seules les directions du tracé sont connues et pointées sur une carte.

    Du côté Atlantique, il propose plusieurs tracés : l'un passerait par Castres et Revel via le seuil de Graissens et l'Agout. En effet, cette rivière était en cours d'aménagement pour la navigation. Un autre tracé passerait par la rivière le Girou et éviterait Toulouse comme le tracé précédent. Du côté méditerranéen, le tracé n'est pas non plus fixé. Il utiliserait le Fresquel jusqu'à l'Aude, mais son arrivée sur la côte est d'abord envisagée à Narbonne puis à Sète.

    En 1663, Riquet réalise des études de terrain pour enfin fixer le trajet du côté Atlantique par le seuil de Naurouze le long de la vallée de l'Hers jusqu'à Toulouse en aval de la Garonne. La partie navigable du fleuve se trouve en aval du Bazacle, un gué situé au centre de Toulouse, bloquant la navigation. En effet, le canal ne pouvait pas ne pas passer par le cœur économique de la région. Il écarte donc ses tracés via Castres et par le Girou.


    La première « entreprise » des travaux débute le 1er janvier 1667 avec la construction de la rigole de la plaine puis, se poursuit le 15 avril 1667 avec la pose de la première pierre du lac de Saint-Ferréo. En novembre 1667, une cérémonie officielle pose la première pierre de l'écluse de la Garonne à Toulouse, et donc du canal. Une première mise en eau est réalisée entre le seuil de Naurouze et Toulouse durant l'hiver 1671-1672 et la première circulation de bateaux peut débuter. En 1673, le tronçon Naurouze-Trèbes est achevé, marquant la fin de la première « entreprise de travaux ».

    Dès 1671, débute la deuxième entreprise qui consiste à relier Trèbes à la mer Méditerranée et à construire le port de Sète. Cette partie du canal pose des problèmes au niveau de la jonction entre l'étang de Thau et Trèbes car le canal doit traverser le cours de l'Hérault et celui de Libron. Pour contourner le problème, l'ingénieur Riquet met en place un système de vannes et de caissons pour le Libron ainsi qu'une écluse ronde à trois portes pour l'étang de Thau et l'Hérault. L'écluse ronde d'Agde permet de passer un bief du canal du Midi mais aussi d'accéder à l'Hérault. Cette partie du canal pose aussi des problèmes au niveau du seuil d'Ensérune et de la descente vers Trèbes dans la vallée de l'Orb. Pour résoudre ce deuxième problème, il fait construire à Fonséranes une enfilade de huit sas d'écluses jusqu'à l'Orb. En 1681, les travaux du canal se terminent à Béziers. Cependant, en octobre 1680, Pierre-Paul Riquet meurt durant les travaux. Il ne voit donc pas la fin de son projet. C’est l'ingénieur du roi, La Feuille, qui prend le relais.

    Le canal est alors officiellement ouvert à la navigation le 15 mai 1682. Lors de l'inauguration du canal à Toulouse. Le canal est ouvert au trafic en mai 1683.

    En 1686, Vauban est chargé d'inspecter le canal qu'il trouve très rapidement dans un état vétuste. Il ordonne alors à Antoine Niquet de nouveaux travaux au niveau de la Montagne Noire avec le percement du tunnel des Cammazes pour prolonger la rigole de la Montagne et le renforcement du barrage de Saint-Ferréol car ce dernier s'avère trop petit et son système d'alimentation peu efficace.

    Il va aussi construire de nombreux ouvrages maçonnés pour isoler les nombreux cours d'eau qui se jettent dans le canal, ainsi que des épanchoirs pour réguler le niveau de l'eau. Il édifie quarante-neuf aqueducs et ponts-canaux. Enfin, il renforce une grande partie des ouvrages et des digues initialement construites par Riquet. Cette série de travaux, qui dure jusqu'en 1694, améliore grandement l'alimentation et la gestion en eau. Antoine Niquet aura la charge de la surveillance du canal jusqu'en 1726.

    Cependant, le canal du Midi ne passe pas par Carcassonne ni par Narbonne et ne rejoint pas le Rhône. De plus pour rejoindre Bordeaux, il faut emprunter la Garonne et ses débits variables et aux crues violentes. Une jonction appelée canal latéral de la Garonne est mise en eau en 1856, tandis que le canal de Jonction permettant de rejoindre Narbonne via le canal de la Robine de Narbonne est édifié en 1776. La même année, le canal de Brienne permet de contourner la chaussée du Bazacle, un gué sur la Garonne à Toulouse. La liaison entre l'étang de Thau et le Rhône est également achevée en 1808. En1810, un détournement du canal permet à Carcassonne d'y être reliée. Enfin, en 1857, le canal latéral de la Garonne est achevé entre Toulouse et Castets-en-Dorthe. L'ensemble de ces travaux marque le complet achèvement de la liaison entre l'océan Atlantique et la mer Méditerranée dont rêvait Pierre-Paul Riquet.


    Infos complémentaires

    Le canal comporte 350 ouvrages dont 63 écluses, 126 ponts, 55 aqueducs, 7 ponts-canaux, 6 barrages et 1 tunnel.

    Plusieurs ports ont été aménagés à intervalles réguliers le long du parcours du canal afin de pouvoir charger et décharger les marchandises mais aussi pour assurer les haltes des voyageurs.


    • Toulouse possède deux ports : le port de l'embouchure est situé à la jonction entre le canal du Midi, l canal de Brienne et le canal latéral de la Garonne tandis que le port Saint-Sauveur est situé en centre ville près de la Halle aux Grains. Deux autres ports existaient à Toulouse mais ont été détruits pour l'aménagement urbanistique. Ainsi, le port des Minimes et le port Saint-Étienne ont été remplacés par des voies sur berges.

    • Castelnaudary possède un port de 7 hectares appelé « Grand Bassin » , il servait de halte de mi-parcours entre Toulouse et Sète. L'île Cybelle située au milieu du bassin servait à protéger les péniches du vent marin.

    • Carcassonne, aujourd'hui, une étape touristique importante du canal, possède un port construit en 1810 lorsque la ville a été rattachée au canal. Le port de Trèbes est un grand port qui dispose de nombreux amarrages pour les bateaux. Le port de Homps qui était l'un des plus importants du canal e Le Somail qui était un lieu d'accueil et de repos très fréquenté. Enfin, juste avant son arrivée dans la mer Méditerranée, le canal possède deux ports : celui d'Agde et le port des Onglous à Marseillan.

    • Sète et son canal royal qui donne accès à la mer.

      Des ports plus récents ont été construits comme celui de Ramonville-Saint-Agne, qui regroupe de nombreuses péniches ainsi qu'un ensemble résidentiel donnant directement sur le port, ou le Port-Lauragais situé près d'Avignonet-Lauragais.


    Plusieurs pont-canaux ont été construits sur le parcours du canal du Midi. Ils permettent de traverser des rivières qui risqueraient de perturber le débit d'eau du canal. En effet, ces rivières se jetant dans le canal provoquent un trop-plein d'eau lors des crues et le comblement du canal par l'apport d'alluvions. Quelques ponts-canaux datent de l'époque de Pierre-Paul Riquet, mais la plupart ont été construits après la finalisation du canal lors notamment des perfectionnements préconisés par Vauban. Voici les ponts-canaux du canal dans le sens Toulouse - Agde :

      - Le pont-canal de l'Hers

      - Le pont-canal du Fresque

      - Le pont-canal del'Orviel

      - Le pont-canal de répudre

      - Le pont-canal de l'Ognon

      - Le pont-canal de la Cesse

      - Le pont-canal de l'Orb


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